« Un homme marche dans le désert, cinématique, 4K, ultra réaliste. »
Voilà le prompt que tout le monde écrit. Et voilà pourquoi tout le monde obtient la même vidéo molle, avec la même caméra qui flotte et la même lumière sans intention. Le mot « cinématique » n'a jamais rendu une image cinématique. Ce sont les décisions de réalisation qui le font.
Un prompt vidéo, ce n'est pas une description. C'est une feuille de service. Voici comment j'écris les miens.
1. Le sujet : précis jusqu'au détail
Pas « un homme ». Un homme de trente ans, barbe de trois jours, bob en jean, tee-shirt noir délavé, lunettes de soleil fumées. Plus le sujet est défini, moins l'IA improvise. Et l'improvisation de l'IA, c'est rarement ce que vous voulez.
2. L'action : un seul verbe fort
Une génération vidéo, c'est quelques secondes. Ne racontez pas une histoire entière dans un plan. Un plan = une action. Il s'arrête, il se retourne, il lève les bras, il marche vers la caméra. Si vous voulez une séquence, découpez-la en plusieurs plans, comme au cinéma.
3. La caméra : là où tout se joue
C'est la partie que 90 % des gens oublient. Où est la caméra, et que fait-elle ?
- La valeur de plan : plan large, plan américain, gros plan, très gros plan.
- Le mouvement : travelling avant lent, caméra à l'épaule, panoramique, plan fixe sur pied, drone qui s'élève.
- L'angle : contre-plongée pour la puissance, plongée pour l'écrasement, hauteur des yeux pour l'intimité.


4. La lumière et l'optique
Golden hour rasante, néon rouge en contre-jour, lumière froide de fin de journée, ciel couvert diffus. Puis l'optique : un 35 mm pour la proximité, un 85 mm pour le portrait, un grand angle pour l'immersion, une faible profondeur de champ pour isoler le sujet. Ce sont ces mots-là qui changent vraiment l'image.
5. Le grain et la texture
Le photoréalisme se cache dans les imperfections : grain de pellicule léger, poussière dans la lumière, reflets, transpiration, tissu froissé. Demandez-les. Une image trop propre crie « IA » à des kilomètres.
6. Le son, si l'outil le gère
Avec les modèles qui génèrent l'audio, décrivez l'ambiance comme un ingé son : vent dans le désert, moteur au loin, crissement de pas sur le sable. Même si je refais toujours le sound design en post-production, une bonne base sonore aide à juger le plan.
Au lieu de « un homme marche dans le désert, cinématique », essayez : « Plan large fixe, caméra au sol en contre-plongée. Un homme de trente ans en bob en jean et tee-shirt noir s'arrête et lève lentement les bras. Explosions au loin derrière lui, golden hour rasante, poussière en suspension, grain de pellicule léger, objectif 35 mm. » Même idée. Rien à voir à l'écran.
Les références valent mieux que mille mots
Un prompt, aussi bon soit-il, reste une interprétation. Quand le personnage, le produit ou le décor doivent être exacts, je fournis des images de référence générées en amont. Le prompt dirige la scène, les références verrouillent l'apparence. C'est le duo gagnant, détaillé dans le dossier cohérence de personnage.
Et surtout : itérez
Le premier rendu n'est jamais le bon. Je génère plusieurs prises, je garde la meilleure, je corrige le prompt sur ce qui cloche. Exactement comme un réalisateur qui refait une prise. Pour choisir le bon modèle selon le plan, voyez mon comparatif Seedance, Kling et Veo.
Questions fréquentes
Comment écrire un bon prompt vidéo IA ?
Structurez-le comme une feuille de service : sujet précis, une seule action, position et mouvement de caméra, lumière, optique, texture, puis ambiance sonore si l'outil la gère.
Faut-il écrire ses prompts vidéo en anglais ?
La plupart des modèles comprennent le français, mais l'anglais reste souvent plus précis pour le vocabulaire technique de caméra et de lumière. L'essentiel est d'être concret.
Pourquoi mes vidéos IA ont-elles l'air artificielles ?
Souvent parce que le prompt ne précise ni la caméra, ni la lumière, ni la texture. Ajouter des imperfections réalistes (grain, poussière, matière) et une vraie intention de mise en scène change radicalement le rendu.